Panama, c’est une ville et deux mondes qui partagent une même baie. Il y a les affaires et la finance d’un coté, de l’autre le charme de l’histoire des églises centenaires et des souvenirs qu’on aime à se raconter. C’est là, dans un décor immuable, un peu fatigué, que se trouve le Casco Viejo.

Dans le vieux quartier, les constructions de style français et américain prédominent sur les mêmes premières demeures coloniales, offrant de bons exemples de style néoclassique, et même art déco, bien qu’elles aient été aussi une forte composante locale, surtout en ce qui concerne la couleur et la décoration des façades et des balcons. Les constructions populaires contrastent avec la sobriété des monuments officiels.

La cathédrale, commencée en 1668 et reconstruite en 1741 est l’une des plus grandes d’Amérique. Le curieux ton gris verdâtre de sa façade provient de la lave pétrifiée extraite des récifs voisins. L’intérieur composé de cinq nefs conserve son plafond en bois original, unique en Amérique. Les solides tours passées à la chaux sont rehaussées d’une décoration à base de coquilles de nacre, qui brillent intensément sous les rayons du soleil.

L’autre église coloniale est celle de la Merced, qui date du XVIIe siècle. Elle a trois nefs et sa toiture est soutenue par des piliers en bois actuellement renforcés avec du ciment. Les deux tours sont surmontées de coupoles d’une facture quelque peu grossière. L’entrée principale est flanquée de deux curieuses chapelles.

D’après la légende populaire dans l’Eglise de San José construite en 1671, le retable doré du grand autel fut rapporté de Panama la Vieja, mais en réalité il date du XVIIe siècle.

L’église de San Felipe de Nieri qui à l’origine fut le reliquaire de la cathédrale, a inscrites sur sa façade les dates de construction et reconstruction ; la tour du clocher est aussi décorée de coquilles de nacre.

L’éclectisme étudié avec lequel fut reconstruite en 1918 l’Eglise de San Francisco ne permet d’évaluer l’importance historique antérieur de ce couvent, qui en 1756 après l’expulsion des Jésuites devint le centre de propagation de la foi à Panama.

Parmi les nombreuses places du XIVe siècle, qui se trouvent dans le vieux quartier, on remarque la Place de France, appelée autrefois Place d’Armes. Dans les années 1920, elle s’urbanisa de nouveau, à la mémoire des constructeurs du canal français. Sous ses arcades, des plaques de marbre relatent la dramatique histoire du canal. Autour de l’obélisque central couronné par un coq, se dressent les bustes des principaux acteurs de cette grande construction héroïque, vouée alors à l’échec.

La place Bolivar, inaugurée en 1926 est présidée par le monument à la mémoire du héros de l’Indépendance.

L’ancienne Plaza Mayor, actuellement Place de l’Indépendance, était de forme carrée mais elle a acquis sa forme rectangulaire actuelle après l’incendie du couvent qui l’a fermé alors sur un de ses cotés. Et de la même manière apparut la place Herrera au centre de laquelle se dresse la statue équestre de cet illustre général panaméen.

Un des ensembles architecturaux du vieux quartier est l’église de Santo Domingo, construite à l’origine en 1678 et sans cesse affectée par des incendies et des tremblements de terre. L’audacieux arc aplati qui servait de soutien au chœur, a frappé l’imaginaire populaire à cause de sa résistance aux calamités, à tel point que tout l’ensemble est connu localement sous le nom d’arc plat.

A partir du XVIIIe siècle, le couvent fut abandonné et en 1981 l’Eglise fut retransformée en musée d’art religieux colonial, où l’on expose des pièces religieuses provenant en partie de Panama La Vieja..