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	<title>Terra Caribea &quot;Panama&quot;</title>
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		<title>penitencier</title>
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		<description>Article de presse d&#233;crivant l'Ile de Coiba &#224; l'epoque o&#249; elle abritait une prison : les conditions de vie des detenus dans un cadre d'une beaut&#233; exceptionnelle, sur la cote du Panama

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;title&quot;&gt; &lt;h3 class=&quot;text-white&quot;&gt; &lt;label class=&quot;normal&quot;&gt;Coiba, un bagne au paradis
&lt;/label&gt; &lt;/h3&gt; &lt;/div&gt;&lt;br&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class=&quot;emphasis1&quot;&gt;Couverte d'une for&#234;t tropicale, l'&#238;le de Coiba sert de prison. Les cinq cents hommes qui sont d&#233;tenus l&#224; ont pour ge&#244;liers la mer et quelques rares gardiens. Ils cultivent le riz et l'igname, se font tatouer et dorment &#224; la belle &#233;toile.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les matins &#224; 7 heures pile, Abraham G&#243;mez &#8211; surnomm&#233; &#8220;El Cajeta&#8221; [le Cageot] par ses compagnons d'infortune &#8211; note la temp&#233;rature affich&#233;e par le thermom&#232;tre de l'installation m&#233;t&#233;orologique de l'&#238;le de Coiba &#8211; &#8220;le thermom&#232;tre de l'humide et du sec&#8221;, pr&#233;cise-t-il. Il va d'appareil en appareil, ajoutant sur des graphiques la pression, l'humidit&#233;, la vitesse du vent et, s'il a plu, le niveau indiqu&#233; par le pluviom&#232;tre. A 13 h 30, puis &#224; 18 heures, il r&#233;p&#232;te l'op&#233;ration avec une fid&#233;lit&#233; de Spartiate, recueille les graphiques et les transmet par le t&#233;l&#233;phone de l'&#233;tablissement p&#233;nitentiaire &#224; l'Institut m&#233;t&#233;orologique de Panam&#225;. &#8220;Ceux de l'Institut me remettent un petit ch&#232;que de 104 dollars par mois&#8230; et moi, je me paie mon assurance&#8221;, explique le m&#233;tis sans bouger un muscle de sa t&#234;te ronde, avec la m&#234;me impassibilit&#233; que lorsqu'il avoue avoir d&#233;j&#224; fait treize ans et quatre mois de prison. Ce n'est que lorsqu'il reconna&#238;t avoir commis un meurtre qu'il baisse les yeux et d&#233;tourne le visage. Circonstance att&#233;nuante, il &#233;tait saoul. El Cajeta bouge ses 80 kilos de muscles luisants et bronz&#233;s, r&#233;partis sur 1,55 m&#232;tre &#224; peine, pour aller garder les vaches de la prison, t&#226;che qui lui est beaucoup plus famili&#232;re que la m&#233;t&#233;orologie. Il se dirige d'une d&#233;marche chaloup&#233;e, la machette &#224; la ceinture, vers un groupe de sept d&#233;tenus oisifs qui se trouve sous sa responsabilit&#233;. Ici, il n'y a pas d'autre policier que lui. A quelques m&#232;tres de l&#224;, sous un filet d'eau d&#233;tourn&#233; d'un ruisseau, un prisonnier aux bras et au poitrail tatou&#233;s, sans doute le cuisinier du camp, &#233;caille et lave des poissons qui ressemblent &#224; des daurades et viennent d'&#234;tre p&#234;ch&#233;s sur la plage..&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;label class=&quot;subtitle&quot;&gt;Une botaniste espagnole, la seule femme de l'&#238;le&lt;/label&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La population carc&#233;rale de Coiba avoisine les 500 hommes, r&#233;partis en quatorze camps, chacun comprenant deux ou trois surveillants. Tous sont install&#233;s sur la c&#244;te, face &#224; la mer, un pied de nez aux envies de libert&#233;. Derri&#232;re les camps se trouve une for&#234;t touffue. En outre, presque tous sont situ&#233;s face au continent, sur la c&#244;te orientale, mieux abrit&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Coiba, c'est &#231;a : une &#238;le recouverte jusqu'&#224; la mer par l'&#233;pais manteau de la for&#234;t tropicale et que rien ne vient d&#233;florer, si ce n'est un &#233;tablissement p&#233;nitentiaire qui existe depuis quatre-vingts ans. Elle se trouve &#224; 15 milles marins (28 kilom&#232;tres) de Panam&#225; et est entour&#233;e d'une s&#233;rie de petits &#238;lots. L'&#238;le n'a jamais vraiment connu d'autre pr&#233;sence humaine, si ce n'est, au d&#233;but du si&#232;cle, une tentative timide d'exploitation agricole destin&#233;e &#224; la culture de la canne &#224; sucre ou de la noix de coco, &#224; l'emplacement actuel des camps. Mais ce fut tout. Parce que l'&#238;le &#233;tait &#233;galement fr&#233;quent&#233;e par des pirates fran&#231;ais, anglais et hollandais qui, aux XVIe, XVIIe et XVIIIe si&#232;cles, se r&#233;fugiaient dans ces criques et n'en sortaient que pour aborder les bateaux espagnols qui se rendaient avec leur cargaison vers l'isthme de Panam&#225;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'histoire de Coiba se confond avec celle de sa prison. A une exception pr&#232;s : &#224; l'&#233;poque du g&#233;n&#233;ral Torrijos*, un Am&#233;ricain, un certain Griffin, obtint l'autorisation de construire un h&#244;tel sur une plage de la pointe nord de l'&#238;le. Son h&#244;tel, le Club Pac&#237;fico, &#233;tait constitu&#233; de quelques bungalows r&#233;partis &#231;&#224; et l&#224; dans une crique paradisiaque, pour le plus grand bonheur de quatre privil&#233;gi&#233;s. Douze kilom&#232;tres de for&#234;t s&#233;parent l'h&#244;tel du premier camp de prisonniers. Au d&#233;but des ann&#233;es 90, ces installations furent utilis&#233;es pour loger les gardiens du tout nouveau Parc national de Coiba, dont le territoire marin est cinq fois plus &#233;tendu que le terrestre, et abriter une station de recherches biologiques mise en place par des coop&#233;rants espagnols afin de r&#233;aliser des &#233;tudes sur la faune et la flore. Le seul personnel permanent de cette station est une botaniste espagnole qui parcourt tous les jours la for&#234;t tropicale pour mener &#224; bien sa th&#232;se de doctorat. C'est la seule femme de Coiba et, dans tous ses d&#233;placements, elle est accompagn&#233;e et prot&#233;g&#233;e par un d&#233;tenu et un policier. Parce que, m&#234;me si, dans la station, il arrive que l'on oublie le p&#233;nitencier et que l'on se croie au paradis, on d&#233;chante vite en entendant les instructions vocif&#233;r&#233;es par la radio &#224; l'intention des deux policiers &#8220;du 12&#8221;, qui, dans le jargon du p&#233;nitencier, d&#233;signe ces installations. Comme s'il s'agissait d'un camp de plus&#8230; [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;label class=&quot;subtitle&quot;&gt;&#8220;Mieux vaudrait se trouver face &#224; un mur&#8221;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'&#233;poque o&#249; la station &#233;tait encore le Club Pac&#237;fico, un petit groupe de d&#233;tenus s'&#233;chappa et, apr&#232;s avoir march&#233; toute une journ&#233;e pour parcourir la douzaine de kilom&#232;tres de for&#234;t, se pr&#233;senta &#224; l'h&#244;tel, l'arme au poing. L&#224;, l'un d'eux, qui mena&#231;ait de tuer une otage, fut abattu par un policier d'une balle en pleine t&#234;te. &#8220;Comme au cin&#233;ma&#8221;, commente avec fiert&#233; F&#233;lix Guti&#233;rrez, dit &#8220;Gallo&#8221; [Coq], aujourd'hui sergent, d&#233;tach&#233; pour surveiller l'ancien h&#244;tel et champion en mati&#232;re de capture de fugitifs. &#8220;J'en rattrape presque davantage sur la terre qu'en mer. Je suis ici depuis dix-sept ans et je connais Coiba comme ma poche. Je sais quel chemin ils ont pris, et par o&#249; et quand ils peuvent prendre la mer.&#8221; Gallo d&#233;buta au camp de Playa Hermosa, le plus occidental et le plus isol&#233;, coinc&#233; contre l'oc&#233;an. Avant d'&#234;tre utilis&#233; comme camp p&#233;nitentiaire, c'&#233;tait un centre d'entra&#238;nement de commandos et de contras nicaraguayens, sous le r&#233;gime du g&#233;n&#233;ral Noriega. Il y a deux ans, on d&#233;couvrit sur cette plage quatre corps d&#233;capit&#233;s. Les t&#234;tes ne furent jamais retrouv&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On raconte que cinq prisonniers de R&#237;o Amarillo, au sud de l'&#238;le, s'&#233;chapp&#232;rent sur un radeau. Ils appartenaient au groupe de d&#233;linquants appel&#233;s les &#8220;Enfants de Dieu&#8221;. Le courant fit d&#233;river le radeau dans la direction oppos&#233;e au continent et le ramena pr&#232;s du camp de Playa Hermosa. Pour leur plus grand malheur, les fugitifs furent aper&#231;us par d'autres d&#233;tenus d'une bande rivale, &#8220;Los Perros&#8221; [les Chiens], occup&#233;s &#224; ramasser des noix de coco. Ces derniers inform&#232;rent imm&#233;diatement les autorit&#233;s, et un seul homme parvint &#224; s'&#233;chapper. [&#8230;]
Les prisonniers construisent eux-m&#234;mes leurs cabanes et, si le terrain le permet, cultivent le manioc, l'igname ou la noix de coco pour leur consommation personnelle. D'autres gardent les quelque 2.000 bovins de race ind&#233;termin&#233;e et aussi peu aimables que les d&#233;tenus ou cultivent les 30 hectares de riz, les deux piliers de leur alimentation. Ils p&#234;chent, notamment au filet, et chassent, avec leurs chiens, le singe, l'iguane ou le &#241;eque, un rongeur de l'&#238;le, enfreignant ainsi la r&#233;glementation du parc national. De cette fa&#231;on, ils tentent d'&#233;chapper &#224; l'infect rata pr&#233;par&#233; par leur compagnon cuisinier, qui annonce, en s'effor&#231;ant de ne pas sourire et en soulevant le couvercle de la gamelle : &#8220;Aujourd'hui, nous avons de la queue de cochon avec ses petits l&#233;gumes.&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour tuer le temps, certains sculptent le bois ou confectionnent des bijoux en &#233;caille de tortue, bien que la capture du caret soit elle aussi interdite. Mais tout se passe &#224; la vue de tous. Et, paradoxalement, dans l'un des camps, ce sont les policiers qui s'enferment la nuit dans leur chambre, le pistolet &#224; port&#233;e de main, tandis que les d&#233;tenus dorment &#224; la belle &#233;toile. A cause de cette &#8220;libert&#233;&#8221;, certains pr&#233;f&#232;rent Coiba &#224; toute autre prison du continent. Mais pas tous : d'autres regrettent les visites de leur femme, de leur m&#232;re. [&#8230;]
Cette libert&#233; surveill&#233;e est ce qui incite le plus les prisonniers &#224; aspirer &#224; la v&#233;ritable libert&#233;. Parfois, le d&#233;sespoir les pousse &#224; s'enfuir, au m&#233;pris de la raison. [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que c'est dur d'apercevoir les promontoires de la c&#244;te oppos&#233;e et d'imaginer qu'on peut les toucher ! &#8220;Mieux vaudrait se trouver face &#224; un mur&#8221;, dit quelqu'un, non sans amertume. [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Le g&#233;n&#233;ral Omar Torrijos, homme fort du Panam&#225; de 1968 &#224; 1981.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[&lt;u&gt;Source&lt;/u&gt; : La Vanguardia, d&#233;cembre 1999].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;Nos Voyages /Veraguas&lt;/div&gt;
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