La cathédrale de Panama City, déclarée monument national en 1941, est le fleuron de l’architecture religieuse de Panama. C’est l’une des plus grandes cathédrales d’Amérique centrale, mesurant 63 mètres sur 33
Sa façade est flanquée de deux grandes tours à trois corps, qui confèrent un équilibre remarquable à l’ensemble.
Dans les tours du clocher à arcs trilobés furent installées les cloches rapportées de Panama la Vieja, mais elles « fondirent » lors de l’incendie de 1737. Les tours étaient surmontées de chapiteaux pyramidaux ornés de coquilles perlières.
La façade principale, très ornée, offre une profusion d’arcs en plein cintre et des colonnes doubles cannelées dans les deux premiers corps, avec des niches entre les colonnes qui abritent des sculptures en bois de cocobolo représentant les apôtres. L’une des niches a perdu la sculpture de l’apôtre qu’elle renfermait. Sous une corniche du porche central apparaît, inscrit sur la pierre, le nom du principal bienfaiteur de la cathédrale, Francisco Javier Luna Victoria.
Cette inscription ne figurait pas sur les photographies du XIXe siècle. L’unique niche supérieure est vide ; on pense qu’elle était occupée par la statue aujourd’hui disparue de la patronne de la cathédrale, Nuestra Señora de la Asuncion (Notre Dame de l’Assomption).
L’édifice est entouré d’un vaste parvis, dont le sol en brique d’origine fut mis au jour lors des travaux de restauration entrepris en 2003. Sur le parvis du côté opposé, plus près de l’emplacement de l’ancien cimetière, aujourd’hui Calle Pedro-J.-Sosa, on a aussi découvert, à plus de 1.80 mètres de profondeur, des briques carrées qui semblent être des vestiges de l’ancienne cathédrale. D’autres fouilles réalisées à l’intérieur de l’édifice suggèrent que deux niveaux de construction précédèrent le temple actuel.
A l’intérieur, frais et lumineux, on peut voir un grand autel semi-circulaire d’inspiration néoclassique. Il fut réalisé du vivant de l’évêque panaméen Manuel Joaquin Gonzales de Acuña (1798-1813). Ce grand autel est composé de trois parties et trois corps qui se terminent en forme de croix. Chaque corps comporte six colonnes ornées de tentures dans la partie supérieure, simples sur les cotés, et doubles au centre. Dans la niche centrale du retable se trouvait jadis une grande huile sur toile, de trois mètres de hauteur, représentant Notre-Dame de l’Asomption. On a longtemps attribué ce tableau à Murillo, le grand peintre sévillan, mais des études récentes indiquent qu’il ne sortit pas de son atelier et appartiendrait plutôt à l’école sévillane.
Il se trouve actuellement sur un coté du grand autel. A sa place fut mise une huile sur toile de Notre Dame de la Antigua. Une autre grande peinture à l’huile sur toile mérite notre attention. Il s’agit de celle qui se trouve accrochée au mur de l’Evangile et qui représente la Vierge Rosaire ; elle fut léguée à la cathédrale par le grand savant panaméen du XIXe siècle Justo Arosemana.